Un redoutable Standard-Anderlecht figure encore au programme de la trente et unième journée. Dans la bouteille à moitié pleine, on y voit le scénario dont rêvent tous les peaux Rouches. À savoir devenir officiellement champion à la faveur d'un succès acquis devant l'éternel rival de la capitale. Dans la bouteille à moitié pleine se dessine un triomphe des Mauves, qui remettrait pas mal de choses en cause et assurerait un final haletant. À condition cependant qu'avant ce Clasico de braise, l'actuel leader autoritaire de notre élite laisse des plumes dans ses rencontres à venir, face à Mouscron et à Lokeren. "Dans notre position, il vaut mieux se concentrer uniquement sur nous-mêmes.", affirme Marouane 'Obélix' Fellaini. "Demeurons sereins, calmes et tranquilles et nous irons jusqu'au bout."
Cette sérénité transpire du groupe. Elle est palpable. Elle se respire et s'apprécie. Le Standard de Michel Preud'homme a faim. Il dévore sans état d'âme, avec l'appétit d'un grand épicurien. Il veut tous les plaisirs. Oui, tout de suite. C'est aussi ce qui fait son charme. La classe 2007-2008 ne tire pas le poids du passé tel un boulet nauséabond dont il sait que tôt ou tard, il va finir par exploser. Elle pense que le meilleur est toujours à venir.
Mohamed Sarr est sorti blessé à la 37ième minute à Malines. Il existe trois cas de figure possibles, concernant la blessure dont il souffre. La contracture. Il arrive parfois qu'une violente contracture cause une douleur foudroyante. Celle-ci peut être sans gravité et est guérie après quelques jours de repos. "Malheureusement, dans le cas qui nous occupe, je n'y crois guère.", regrette Hervé Baudoin, l'un des kinés du Standard.
L'élongation. On entre dans le cercle des blessures contrariantes. Une élongation, ce n'est pas rien, comme en témoigne Hervé Baudoin. "Le rapport classique avec ce type de traumatisme varie selon l'individu. Cependant, il faut bien se dire que l'indisponibilité va de trois semaines à un mois."
La déchirure. Le pire des cas. Il n'existe pas plusieurs solutions: "Là, c'est 6 semaines d'office." Si le diagnostic devait aller dans ce sens, cela signifierait que la saison de Mohamed Sarr s'est arrêtée peu avant la mi-temps, sur la pelouse du FC Malinois. Mais n'allons pas trop vite en besogne, comme le demande Hervé Baudouin: "Il est impossible de pronostiquer quoi que ce soit à l'heure qu'il est. Sans l'examen clinique que Momo passera ce lundi, il est aléatoire de s'exprimer ”. On notera enfin que la douleur était si vive que Sarr a lui-même demandé à sortir sur une civière. Boitant très bas, en quittant les vestiaires, il s'est contenté, les yeux plein de tristesse de déclarer: "Mes adducteurs m'ont lâché."
Tomislav Ivic ne continuera pas sa mission de responsable sportif de l'Académie Louis-Dreyfus. Il a demandé à pouvoir être libéré de ses obligations contractuelles et amicales auprès de Luciano D'Onofrio. Sa passion débordait toujours. Les jeunes, un formidable bol d'oxygène: "La Belgique peut redevenir un bon pays de foot." , confiait-il au dernier "Standard Magazine". "Pas le meilleur au monde mais juste de quoi faire peur à tout le monde. Il faut travailler avec des gens qui ont un avenir. Vous pouvez coacher ma femme pendant 30 ans mais elle ne sera jamais une star du foot." A bientôt 75 ans, l'entraîneur croate préfère, logiquement, rentrer dans son pays aux côtés de sa femme. Plus de 40 ans loin de ses terres natales après être passé par plus de 17 clubs et deux équipes nationales, il est temps d'être un peu plus égoïste et de penser à sa santé.



