Jusqu'au bout, le Standard s'efforce de convaincre un monde incrédule (en dehors de ses supporters) qu'il va devenir champion de Belgique. À force de l'avoir annoncé trop souvent, plus personne n'a osé crier ouvertement "Cette fois, c'est la bonne" à propos du Standard. Sur internet, la voix de Luc Sacré ("Standard champioooooooon!!!!!!") avait même été “samplée ” pour être tournée en dérision:" Si tu veux une nouvelle écharpe,change de club!” Le genre d'humour qui pouvait encore faire rire les Standardmen, à l'image de Siramana Dembéle. "C'est de bonne guerre entre supporters rivaux.", rigole-t-il. Là où le scepticisme est resté en travers de la gorge des Rouches c'est quand la presse n'a jamais semblé croire aux chances de la cuvée 2007-2008. "Pourquoi toujours chercher le petit point négatif? Avant la saison, cela peut encore se comprendre mais une fois que les résultats sont venus? Nous avons très vite compris que ce titre,nous ne le devrions à personne qu'à nous-mêmes. Nous réussissons la saison que nous voulions, même si nous ne réaliserons que plus tard la portée de ce qui nous arrive."
Rien ne pourra gâcher ce plaisir. "Si nous sommes champions, nous ferons plaisir à beaucoup de personnes. À nous d'abord parce que nous avons laissé de côté nos loisirs et notre famille depuis le 23 juin pour un seul objectif. Et ça, c'est le plus beau:se fixer un but pour une certaine date et l'atteindre à la fin de cette échéance. Notre mérite aura été d'y croire, de ne rien lâcher, de rester solidaires. Les joueurs sont la vitrine du club mais il faudra aussi remercier tous ceux qui ont œuvré dans l'ombre. Sans oublier la ferveur des supporters, le plus gros patrimoine du club malgré toutes ces années sans trophée." Quelles ont été les grosses critiques adressées au Standard? Nous avons fait le tour avec Siramana Dembéle.
"Defour trop jeune pour être capitaine..."
"Les gens se sont trop focalisés sur son âge et pas assez sur son vécu. Il a de la personnalité et c'est qui fait la différence pour être capitaine.", résume Siramana Dembéle."Il a un talent terrible et du caractère. Il l'a prouvé en venant ici dans le contexte que l'on sait en devenant un pion essentiel dès la première saison. Nommer Steven était une décision juste...et,aujourd'hui, tout le monde en était convaincu. Le lot des grandes équipes est d'avoir un ou deux joueurs qui ont un impact sur le groupe. L'ambition de Steven rejaillit sur nous. Son influence va au-delà du terrain, il écoute les bonnes paroles comme les reproches. Il recherche l'équité."
"La concurrence s'est mieux renforcée..."
"Beaucoup parlaient d'un noyau étriqué.", se souvient Siramana Dembéle. "Le Standard a la chance d'avoir un dirigeant comme Lucien D'Onofrio. Il a souvent eu la possibilité et le luxe de ramener des stars comme Prosinecki,Sergio Conceiçao, Jorge Costa ou d'autres que je n'ai pas connus. Du coup, on a peut-être toujours attendu quelque chose de grand. Il y a des grands joueurs, des bons joueurs et le Standard a beaucoup de bons joueurs. À la reprise en juin, le discours du coach a été de rester le plus longtemps possible dans la course au titre. Le mot titre est crucial. Quand un noyau n'est pas suffisant, tu n'évoques pas ce sujet. Tu parles plutôt d'une place européenne ou de la Coupe. Nous avons voulu être au sprint final et nous sommes en train de le remporter."
"Le Standard flambe, mais ne durera pas..."
5 victoires d'affilée en début de saison avec 18 buts inscrits:cela ne devait être qu'un feu de paille en souvenir du passé. "Il fallait toujours trouver quelque chose à redire.", réplique Siramana. "Après nos quatre premières victoires, on a dit qu'il fallait attendre le premier choc contre Bruges. Nous l'avons gagné. À Gand, nous prenons un point mais on préfère écrire que le Standard en a perdu deux, plutôt que d'insister sur l'unité prise chez les Buffalos. C'est regrettable: pourquoi ne pas attendre la fin du premier tour pour nous juger? Enfin, tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Joueurs, staff, direction, etc., tous nous avons fait corps par rapport à ça. Nous avançons unis: tolérance, partage, talent et ambition sont les vertus de ce groupe."
"Le mercato va briser l'équipe..."
Beaucoup de bruits mais aucun départ important, tant fin août que fin janvier. "J'en reviens à ce que je disais à propos de Lucien D'Onofrio. Il avait habitué l'entourage du club à un gros coup parce qu'il en ressentait le besoin. Il a compris que ce n'était pas nécessaire de casser le groupe avec des nouveaux joueurs. Quant aux ambitions personnelles d'un joueur, elles sont légitimes mais la force d'un club est de faire comprendre qu'elles ont du sens si le club réalise quelque chose de grand. Dans notre noyau, beaucoup ont la possibilité d'être champion pour la première fois. En août, le titre était encore lointain mais en janvier c'était déjà plus concret."
"Ils vont céder à la provocation..."
Le Brugeois, Jacky Mathijssen, a souvent envoyé des flèches en direction de Sclessin."Le Standard y répondait auparavant parce qu'il ne maîtrisait pas son sujet. Par facilité. Notre travail qui porte ses fruits nous a rendus plus sereins. Nous avons quand même eu quelques mauvais résultats mais nous y avons toujours répondu en hommes." Peut-être cette sérénité a-t-elle perturbé les observateurs. "Les préjugés naissent des habitudes et sans doute les gens n'ont pas compris. Prendre match après match, c'est oublier les victoires dès le coup de sifflet final."
"Un gardien sous la loupe..."
"Le Standard champion avec Espinoza, ce serait un exploit.", entend-on à l'extérieur de Sclessin. "Là-dessus, je vais mesurer mes propos." , réplique Siramana."Pour être champion, il ne faut pas avoir les meilleurs à chaque poste. Il faut rechercher le meilleur équilibre dans l'équipe. Aux gens qui critiquent notre gardien, je pose ces questions: Espinozaest-il moins décisif qu'un Runje il y a deux ans? A-t-il commis
plus d'erreurs que Runje il y a deux ans ou que Zitka et Stijnen cette saison? Voilà. Après, le reste c'est du vent. Parfois, j'ai l'impression que le succès du Standard dérange. Là où le club frappe fort, c'est en suivant sa ligne directrice. Les gens n'y croient peut-être pas parce que ce ne sont pas toujours ceux qu'on attend qui jouent..."
Autre affirmation qu'on entend dans d'autres clubs, notamment Anderlecht:"Le Standard va devoir gérer la pression Siramana répond du tac-au-tac. Anderlecht avait mis la pression en annonçant vouloir jouer le titre, comme Bruges. Personne n'insiste sur notre magnifique saison, alors que nous avons conforté notre avance en gagnant nos matches. À ceux qui pensent que nous allons craquer, je donne rendez-vous en fin de championnat." Si titre il y a, la nouvelle épreuve des Rouches sera le mercato d'été.
"Un problème de luxe si tu es champion. Ce sera la loi de l'offre et de la demande. Nous avons des dirigeants intelligents:en cas de départs, les renforts seront aussi forts."Qui sait d'ailleurs si le titre ne freinerait pas certaines ardeurs d'exil? "Pourquoi partir si tu peux jouer la Ligue des Champions avec le club? On ne s'identifiait peut-être pas au Standard parce qu'il ne gagnait rien. Beaucoup de choses ont évolué et ce titre pourrait donner un coup de fouet. On n'attendra pas encore 25 ans de plus. Chelsea a bien attendu 55 ans pour être champion et c'est pourtant un grand club, non?"
Rien ne pourra gâcher ce plaisir. "Si nous sommes champions, nous ferons plaisir à beaucoup de personnes. À nous d'abord parce que nous avons laissé de côté nos loisirs et notre famille depuis le 23 juin pour un seul objectif. Et ça, c'est le plus beau:se fixer un but pour une certaine date et l'atteindre à la fin de cette échéance. Notre mérite aura été d'y croire, de ne rien lâcher, de rester solidaires. Les joueurs sont la vitrine du club mais il faudra aussi remercier tous ceux qui ont œuvré dans l'ombre. Sans oublier la ferveur des supporters, le plus gros patrimoine du club malgré toutes ces années sans trophée." Quelles ont été les grosses critiques adressées au Standard? Nous avons fait le tour avec Siramana Dembéle.
"Defour trop jeune pour être capitaine..."
"Les gens se sont trop focalisés sur son âge et pas assez sur son vécu. Il a de la personnalité et c'est qui fait la différence pour être capitaine.", résume Siramana Dembéle."Il a un talent terrible et du caractère. Il l'a prouvé en venant ici dans le contexte que l'on sait en devenant un pion essentiel dès la première saison. Nommer Steven était une décision juste...et,aujourd'hui, tout le monde en était convaincu. Le lot des grandes équipes est d'avoir un ou deux joueurs qui ont un impact sur le groupe. L'ambition de Steven rejaillit sur nous. Son influence va au-delà du terrain, il écoute les bonnes paroles comme les reproches. Il recherche l'équité."
"La concurrence s'est mieux renforcée..."
"Beaucoup parlaient d'un noyau étriqué.", se souvient Siramana Dembéle. "Le Standard a la chance d'avoir un dirigeant comme Lucien D'Onofrio. Il a souvent eu la possibilité et le luxe de ramener des stars comme Prosinecki,Sergio Conceiçao, Jorge Costa ou d'autres que je n'ai pas connus. Du coup, on a peut-être toujours attendu quelque chose de grand. Il y a des grands joueurs, des bons joueurs et le Standard a beaucoup de bons joueurs. À la reprise en juin, le discours du coach a été de rester le plus longtemps possible dans la course au titre. Le mot titre est crucial. Quand un noyau n'est pas suffisant, tu n'évoques pas ce sujet. Tu parles plutôt d'une place européenne ou de la Coupe. Nous avons voulu être au sprint final et nous sommes en train de le remporter."
"Le Standard flambe, mais ne durera pas..."
5 victoires d'affilée en début de saison avec 18 buts inscrits:cela ne devait être qu'un feu de paille en souvenir du passé. "Il fallait toujours trouver quelque chose à redire.", réplique Siramana. "Après nos quatre premières victoires, on a dit qu'il fallait attendre le premier choc contre Bruges. Nous l'avons gagné. À Gand, nous prenons un point mais on préfère écrire que le Standard en a perdu deux, plutôt que d'insister sur l'unité prise chez les Buffalos. C'est regrettable: pourquoi ne pas attendre la fin du premier tour pour nous juger? Enfin, tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Joueurs, staff, direction, etc., tous nous avons fait corps par rapport à ça. Nous avançons unis: tolérance, partage, talent et ambition sont les vertus de ce groupe."
"Le mercato va briser l'équipe..."
Beaucoup de bruits mais aucun départ important, tant fin août que fin janvier. "J'en reviens à ce que je disais à propos de Lucien D'Onofrio. Il avait habitué l'entourage du club à un gros coup parce qu'il en ressentait le besoin. Il a compris que ce n'était pas nécessaire de casser le groupe avec des nouveaux joueurs. Quant aux ambitions personnelles d'un joueur, elles sont légitimes mais la force d'un club est de faire comprendre qu'elles ont du sens si le club réalise quelque chose de grand. Dans notre noyau, beaucoup ont la possibilité d'être champion pour la première fois. En août, le titre était encore lointain mais en janvier c'était déjà plus concret."
"Ils vont céder à la provocation..."
Le Brugeois, Jacky Mathijssen, a souvent envoyé des flèches en direction de Sclessin."Le Standard y répondait auparavant parce qu'il ne maîtrisait pas son sujet. Par facilité. Notre travail qui porte ses fruits nous a rendus plus sereins. Nous avons quand même eu quelques mauvais résultats mais nous y avons toujours répondu en hommes." Peut-être cette sérénité a-t-elle perturbé les observateurs. "Les préjugés naissent des habitudes et sans doute les gens n'ont pas compris. Prendre match après match, c'est oublier les victoires dès le coup de sifflet final."
"Un gardien sous la loupe..."
"Le Standard champion avec Espinoza, ce serait un exploit.", entend-on à l'extérieur de Sclessin. "Là-dessus, je vais mesurer mes propos." , réplique Siramana."Pour être champion, il ne faut pas avoir les meilleurs à chaque poste. Il faut rechercher le meilleur équilibre dans l'équipe. Aux gens qui critiquent notre gardien, je pose ces questions: Espinozaest-il moins décisif qu'un Runje il y a deux ans? A-t-il commis
plus d'erreurs que Runje il y a deux ans ou que Zitka et Stijnen cette saison? Voilà. Après, le reste c'est du vent. Parfois, j'ai l'impression que le succès du Standard dérange. Là où le club frappe fort, c'est en suivant sa ligne directrice. Les gens n'y croient peut-être pas parce que ce ne sont pas toujours ceux qu'on attend qui jouent..."
Autre affirmation qu'on entend dans d'autres clubs, notamment Anderlecht:"Le Standard va devoir gérer la pression Siramana répond du tac-au-tac. Anderlecht avait mis la pression en annonçant vouloir jouer le titre, comme Bruges. Personne n'insiste sur notre magnifique saison, alors que nous avons conforté notre avance en gagnant nos matches. À ceux qui pensent que nous allons craquer, je donne rendez-vous en fin de championnat." Si titre il y a, la nouvelle épreuve des Rouches sera le mercato d'été.
"Un problème de luxe si tu es champion. Ce sera la loi de l'offre et de la demande. Nous avons des dirigeants intelligents:en cas de départs, les renforts seront aussi forts."Qui sait d'ailleurs si le titre ne freinerait pas certaines ardeurs d'exil? "Pourquoi partir si tu peux jouer la Ligue des Champions avec le club? On ne s'identifiait peut-être pas au Standard parce qu'il ne gagnait rien. Beaucoup de choses ont évolué et ce titre pourrait donner un coup de fouet. On n'attendra pas encore 25 ans de plus. Chelsea a bien attendu 55 ans pour être champion et c'est pourtant un grand club, non?"



